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jeudi 26 mars 2009

A Chacun sa crise

Si le monde est en crise et c’est une évidence, tout le monde ne la vit pas de la même façon. Il y a la crise des riches, la crise des pauvres, la crise des pays riches et la crise des pays pauvres.

Vivre une crise, en quoi cela consiste ? Pour certains, il faut déjà modifier le terme. Ils ne vivent pas la crise, ils tentent tout simplement d’y survivre. En écoutant les radios, en lisant les journaux ou regardant la télé, on vit la crise au quotidien. Cela apporte un peu plus d’eau au moulin et augmente la morosité ambiante. On ne peut blâmer les médias, ils vivent du sensationnel. On voit rarement un article annonçant que telle ou telle entreprise finalement ne se porte pas si mal et quelle ne va vider personne. Pourtant, il faudrait savoir jusqu’à quel point les médias doivent relayer l’information. Souvenez-vous des voitures brûlées à Strasbourg vues sur le journal de 20h. L’année suivante combien de banlieues ont voulu faire aussi bien que Strasbourg et cela est devenu le sport national de la Saint Sylvestre. Idem pour les émeutes dans les banlieues. Si on poursuivait en justice un journal pour avoir poussé un salarié mis au chômage à se suicider à force de diffuser des nouvelles catastrophiques, peut-être que la presse dans son ensemble reviendrait à des valeurs plus informatives et moins voyeurs.

A chacun sa crise

Nous sommes donc dans une crise. Comment le remarquons-nous au quotidien ? Moins de monde dans les zones de loisirs, moins de monde dans les avions et les trains, des conducteurs qui roulent moins vite sur les autoroutes. Ensuite, chacun, suivant ses revenus aura plus ou moins de contraintes. Les plus bas salaires de notre groupe qui ne vivaient déjà pas dans l’opulence doivent serrer encore plus les budgets et regarder à « bien » dépenser chaque euro. On comprend mieux que les personnes vivant avec moins de 1000 euros par mois pour une famille sont elles dans une situation bien plus grave encore. Et puis, il y a les salariés plus aisés pour qui le choix de la destination des prochaines vacances pourra changer pour dépenser un peu moins et les autres, les quelques nantis pour qui rien ne change en dehors d’avoir peut-être perdu quelques dizaines ou centaines de milliers d’euros, mais pour qui, en dehors du coup pris par l’égo, ne grèvera pas le budget nourriture ou sorties du mois. Nul doute que nos dirigeants font partie de cette dernière caste.

Ailleurs c’est pire

Et puis, il y a l’autre monde. Celui qui est au-delà de la France et de ses règles de protections sociales coûteuses, mais qui dans ce cas, montrent la différence par rapport à d’autres pays fonctionnant essentiellement sur le modèle économique anglo-saxon. Si vous avez l’occasion de voyager aux USA, vous aurez sans nul doute remarqué un phénomène qui s’est amplifié depuis 12 mois. Dans les magasins, les restaurants, le nombre de personnes âgées de plus de 70 ans qui travaillent a été multiplié par 4 ou 5. Depuis plus d’un an, les USA sont dans la crise et là, pas de retraite, pas de sécurité sociale ou de mutuelle pour vous couvrir. Voir à 5h00 du matin quand vous allez faire vos courses dans une grande surface une caissière dont l’âge approche ou dépasse les 80 ans et qui a du mal à porter les bouteilles de 3 ou 4 kg, vous fait passer dans un autre monde. Vous êtes dans la nation la plus puissante du monde et le 4ème âge est obligé de travailler, car les économies qu’ils ont accumulées durant 40 ans se sont volatilisées dans les banques, les organismes douteux, les assurances et encore autres Madoff. Par l’esprit sans scrupule de quelques milliers, des centaines de millions payent les pots cassés.

Quelles solutions ?

Les pays pauvres n’avaient déjà pas grand-chose, désormais, ils n’ont plus rien. Haïti, Madagascar, ne sont pas sur la même échelle que la Suisse qui est en train de trembler sur le fait de perdre l’argent lâchement évadé des pays munis de lois fiscales « normales ». Des solutions pour sortir de la crise ? Il n’y a pas une solution miracle. On se rend compte que la complexité désormais en place de cette grande « world company » et qui a largement dépassé les limites du raisonnable fait que tout ne va pas se rétablir du jour au lendemain par un coup de baguette magique ou l’élection d’un président noir de l’autre côté de l’Atlantique. L’économie de marché telle que nous la connaissons est un gros échec. Un responsable, la mondialisation au sens où « je » l’entends. Il y avait jusqu’en dans les années 80, un système économique qui marchait « correctement ». Chaque pays produisait plus où moins de produits, de denrées alimentaires et commerçait, essentiellement avec ses voisins. Mais certains ont voulu pousser le capitalisme encore plus loin en gagnant encore plus d’argent. Il fallait trouver des pays pour produire moins cher quitte à faire traverser la moitié du globe à une tomate qui pousse aussi bien dans votre jardin. C’est ainsi que l’ensemble des économies ont commencé à se dérégler pour donner du travail à un pays, la Chine. Une étude a été menée, il y a quelques semaines, où une journaliste Américaine a essayé, durant une journée, d’acheter des produits qui ne venaient pas de Chine. Cela a été pour elle un véritable parcours du combattant.

Ces mêmes personnes ont détruit la planète

En voulant répondre aux bons vouloirs de chacun, nous avons tué notre style de vie et notre planète. Est-ce que l’un de nos enfants sais quand est-ce que poussent tels et tels fruits ou légumes ? Non ! Et pourquoi ? Parce que nous sommes tous rentrés dans une boucle de se faire plaisir quand on le souhaite pour manger des fraises au mois de décembre, des poires en avril ou des pêches en février. Je suis désolé, mais en faisant cela, nous avons perdu la notion la plus cruciale, le désir. Un philosophe n’expliquait un jour que l’humanité perdrait son âme le jour où, l’homme inventerait la téléportation comme dans Startrek. Ce jour là, la notion de désirs et d’attente disparaîtra et l’homme avec. En faisant venir viande, fruits, légumes etc… depuis l’autre côté de la planète, nous avons pollué plus que nécessaire notre terre en utilisant avions, bateaux, camions, trains et autres moyens de transport uniquement pour assouvir nos envies et non nos besoins. 90% de la population sur la terre vivent pour subvenir à leur besoins et 10% vivent et font polluer la planète pour subvenir à leurs envies.

Le bout du tunnel
Les meilleurs prévisionnistes pour annoncer la fin de la crise, sont ceux qui ne donnent pas de date. Comment prévoir une fin de crise en sachant que personne ne peut intervenir de façon à redonner le moral pour que les consommateurs reconsomment, que les sociétés reproduisent et que l’économie se rétablisse sur des bases saines. Car après les milliards de milliards de dollars perdus dans le monde durant cette période, on ne voit pas comment cela pourrait repartir sur les mêmes bases, où alors, c’est que personne n’aura rien retenu de la leçon. En France, une leçon a déjà été retenue, celle de la consommation de carburant. Malgré un prix en baisse qui est revenu à 8 ans en arrière, les automobilistes continuent à moins rouler et à mieux rouler. Finalement, cette crise sera peut-être celle qui sauvera la planète de la destruction massive dans laquelle nous étions rentrés. Pour faire des économies d’argent, les consommateurs deviennent de force, plus économes et donc par le fait plus écologiques. Quand le bout du tunnel donnera sa lumière d’ici X mois, beaucoup de sociétés auront disparues, des millions de personnes seront au chômage et la misère sera entrée dans de nombreux foyers. Toutefois, car il faut toujours essayer de trouver un aspect positif à toutes choses, nous pouvons espérer que la reprise sera rapide, mais sur des bases autres, plus saines et donc meilleures pour notre monde et nous même.

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